ÉTIQUETTE DU CURLING
L'étiquette et l'esprit sportif
Comme le golf, le curling est un sport où les traditions et l'étiquette occupent une place importante. Les joueurs doivent notamment se serrer la main et se souhaiter une bonne partie avant de commencer; ils doivent ensuite se donner la main à nouveau et se remercier les uns les autres pour le match. Les gagnants doivent en outre payer la première consommation des perdants, ce qui constitue une occasion pour les deux équipes de s'asseoir ensemble en parlant de la partie ou de tout autre sujet qui leur vient à l'esprit.
Les clubs de curling impriment souvent leurs propres règles de courtoisie dans le but de favoriser l'esprit d'équipe et le plaisir de jouer. Parmi ces règles figurent couramment celles voulant que les curleurs félicitent tant leurs coéquipiers que les membres de l'équipe adverse pour leurs bons coups, et que personne ne puisse formuler de commentaires, poser de gestes désobligeants ni même sourire à la vue d'un jeu moins réussi. On statut aussi fréquemment que les joueurs ne devraient jamais distraire leurs adversaires lorsque ceux-ci se préparent à lancer une pierre, et qu'ils ne devraient donc ni bouger, ni se déplacer autour de la glace.
Au niveau national, l'Association canadienne de curling a officiellement annexé un code de conduite à ses règlements généraux. Deux chapitres en particulier, « The Curlers' Code of Ethics » (le code d'éthique des curleurs) et « Fair Play » (esprit sportif), illustrent à quel point ces éléments font partie du sport. On peut accéder à ces règlements en se rendant au site de l'Association canadienne de curling (www.curling.ca/learn_to_curl/about_curling/rules.asp?lang=f).
Jusqu'à tout récemment, certaines églises canadiennes encourageaient une observance particulièrement stricte du repos dominical. En 1907, on avait même adopté à cette fin une loi fédérale sur le dimanche. Cette loi interdisait le sport, le divertissement et presque toute forme de commerce le jour du Seigneur. En Écosse, la même rigueur régnait dans certains cercles, dont ceux du curling, et en effet, en quelques occasions des curleurs se sont vus critiqués pour avoir joué un dimanche. Le cas le plus célèbre est sans doute celui de l'évêque Graham d'Orkney, accusé en 1638 de jouer le jour du sabbat.
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| L'équipe de curling écossaise en tournée au Canada (Winnipeg), 1903 |
Quand des curleurs écossais ont effectué une tournée au Canada et aux États-Unis en 1902 et 1903, leur passage s'est fort bien déroulé, mis à part un incident à Toronto en janvier de la seconde année. Du haut de sa chaire, le révérend Milligan y a en effet critiqué les membres de l'équipe, et plus particulièrement son capitaine, le révérend John Kerr, pour s'être rendus aux chutes Niagara un dimanche. Ils n'avaient pourtant pas joué, mais seulement admiré ce populaire site touristique. De nombreux Torontois, entre autres, se sont vus gênés par cette critique et par le fait qu'elle ait visé des visiteurs au pays.
À son retour à Toronto, le révérend Kerr a choisi de répondre à l'attaque par le biais d'une lettre envoyée au journal The Globe. Le texte adroitement formulé témoigne de l'attitude plus flegmatique du capitaine, qui suggère au révérend Milligan de faire preuve de plus de tolérance. Par pure coïncidence, l'incident s'est déroulé le jour du Robbie Burns Day (le 25 janvier); il est fort probable que l'illustre auteur aurait penché du côté de ses compatriotes, qui n'ont fait que profiter d'un agréable séjour aux chutes.